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mardi 25 novembre 2014

Chronique [Vincent de GAULEJAC] Les sources de la honte

Chers lecteurs, chères lectrices,

Une petite chronique sur un livre en lien avec ma prépa. que je vous recommande fortement !
Bonne lecture.

AUTEUR(S) : VINCENT DE GAULEJAC

Activité(s) : Sociologue, professeur de sociologie
Naissance : 1946, Croissy-Sur-Seine

Vincent de Gaulejac est sociologue, professeur de sociologie à l'université de Paris VII, directeur du laboratoire de Changement Social. Il est notamment un des représentants français du courant de la sociologie clinique. À partir de récits biographiques existants, il a élaboré un certain nombre de concepts éclairants pour comprendre les problématiques du sujet social contemporain. La névrose de classe (1992), la lutte des places (1994), l'identité négative, roman familial et trajectoire sociale constituent quelques-uns de ces rapports qu'il a étudié. Il est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrage que je suis curieuse de découvrir et que vous pouvez trouver via ce lien => (Source : Wikipédia)

LES SOURCES DE LA HONTE

Édition : DESCLÉE DE BROUWER (1996)

Nombre de pages : 313
Genre de l'ouvrage : Sociologie clinique
ISBN : 2-220-03823-8
(Livre loué/emprunté)

PRIX Amazon.fr / PRIX FNAC / Facebook / Site internet



QUATRIÈME DE COUVERTURE :
La honte est une souffrance d'autant plus forte que par nature on en parle peu.
Il y a l'humiliation qui amène à taire les violences subies, à se replier sur soi-même, à cultiver un sentiment d'illégitimité, à se vivre comme un "moins que rien".

Il y a la gêne éprouvé face à la honte d'autrui qui conduit, le plus souvent à une mise à distance, à un refus d'entendre ce qui dérange. L'écoute de celle ou celui qui a honte est difficile.

Ces deux attitudes se complètent et se renforcent. La gêne des uns contribue au rejet des autres et au silence de tous.

Cet ouvrage brise ce cercle du silence en favorisant une meilleure compréhension, une meilleur écoute des multiples facettes de la honte. Derrière celle-ci se cachent des trésors d'amour, de sensibilité et d'humanité qui n'arrivent pas à s'exprimer. Comprendre, écouter, dire la honte, c'est s'affranchir d'une partie de la souffrance qu'elle provoque.

MON AVIS PERSONNEL :
Dans un premier temps, Vincent de Gaulejac raconte "les multiples facettes de la honte". L'auteur raconte un souvenir qui avant de s'en détacher, l'a habité des années. Et on comprend pourquoi. Seulement je ne vais pas spoiler, à vous aussi de découvrir ce livre !
À mesure que j'écris, je mettrais quelques extraits qui ont retenus mon attention. Aussi, parce que je ne vois d'autres manières de 'critiquer' ce livre. Il m'est d'ailleurs difficile en effet d'apporter un jugement - critiquer est dans ce contexte et pour moi péjoratif - sur ce livre tant il m'a plu.

P.16 :
"Un livre, c'est une production qui sort de soi et que l'on raconte aux autres au risque qu'ils vous disent que "c'est de la merde"! [...] Un livre sur la honte conduit à dévoiler ses propres failles, à les rendre publiques et à susciter chez le lecteur une identification [...] en espérant par ce biais, une reconnaissance et une revalorisation.
La quête de reconnaissance [...] consiste à vouloir exister par soi-même".
Expression des jeunes : "C'est la honte" P. 18 :
"La revalorisation et la reconnaissance étaient des besoins primordiaux pour se faire une place au sein de la société dans laquelle ils sont "mal vus"".
 "La honte, c'est un sentiment douloureux et sensible dont on préfère ne pas parler. Elle engendre le silence, le repli sur soi jusqu'à l'inhibition."
L'auteur veut faire comprendre que la honte peut toucher tout le monde. Un pauvre comme un riche. Les chemins pour remonter aux "sources de la honte" sont semés d'obstacles... On préfère ne pas en parler... C'est contagieux - d'une certaine manière...

Vincent de Gaulejac se base sur les histoires des gens (qu'il appel dans son livre : sujet = gens) pour y raconter les différentes hontes vécus et afin d'essayer d'y apporter des réponses.

Dans un second temps, "les violences humiliantes", font leur apparition. Il parle ici principalement de la pauvreté. La précarité fait état de honte. Être assisté c'est humiliant...

P. 83 :
"La pauvreté est humiliante lorsque plusieurs facteurs sont réunis : des conditions d'existence dégradantes sur le plan physique et moral ; des normes stigmatisantes qui rejettent et méprisent les plus défavorisés ; un sentiment de déchéance pour ceux qui sont "en bas de l'échelle sociale" ou sur une trajectoire sociale descendante".
P. 87 :
"Lorsque l'enfant rencontre la haine de la pauvreté "objective", il rencontre également la haine pour ses parents qui incarnent cette pauvreté. Il est envahi de colère contre ses parents impuissants, méprisés, incapables de le protéger et qui sont responsables des multiples humiliations qu'il subit".
Ensuite, "les histoires de vies et choix théoriques" de Sigman Freud, Jean-Paul Sartre et Albert Camus. (Deux guillemets ouverts parce que je reprends une citation que Vincent de Gaulejac a repris d'eux).
""La honte est une des digues de la sexualité.
Sigman Freud, Trois essais sur la théorie de la sexualité, 1905".".

""Je naquis pour combler le grand besoin que j'avais de moi-même.
J.-P. Sartre, Les mots, 1964".".

""Je n'ai pas appris la liberté dans Marx. Il est vrai : je l'ai apprise dans la misère.
A. Camus, Actuel II, 1951".".

Vincent de Gaulejac fait référence souvent à Jean Genet dans cette partie de l'ouvrage particulièrement.

P.163 :
"Pour Jean-Paul Sartre, la honte n'est ni une conséquence du péché originel, ni un succédané de la culpabilité, ni un sentiment lié au dégoût des choses sexuelles et de ces parties qui deviennent "honteuses"".
P. 165 :
"Sartre et Camus ont profondément influencé les intellectuels d'après-guerre. Ce sont deux figures emblématiques de la philosophie française qui se sont opposées sur bien des points."
Quatrièmement, avec "un nœud socio-psychique" dans lequel il reprend en détails les cinq paliers de la honte. Passage particulièrement intéressant sur le "stade du miroir", en passant par "le stade œdipien" ainsi que "le stade de comparaison", celui "de l'adolescence" et pour finir avec "l'entrée dans la vie sociale pour les jeunes adultes ou la quête d'une place ou l'affirmation identitaire comme citoyen".

Puis, 'le dénouement" qui selon moi est tout autant un passage intéressant. L'auteur parle de "se libérer de la honte" notamment.

P. 258 :
""Le dénouement" de la honte nécessite un travail sur différents plans, émotionnel, fantastique, affectif, social, intellectuel et culturel. Si la honte envahit l'ensemble de l'existence, c'est sur cet ensemble qu'il faut intervenir pour en dénouer tous les fils".
Il termine avec "face à la honte" qui dévoile la liberté qu'on peut éprouver lorsqu'on se livre, qu'on parle.

L'auteur conclu que :
P. 301 :
"En première analyse, la honte est un sentiment moral. [...] En seconde analyse, la honte est un sentiment existentiel qui concerne l'être même d'un sujet "mis à nu". [...] Enfin, la honte est un sentiment social qui concerne l'identité du sujet [...].".
La honte nous concerne tous, on a tous vécu un sentiment de honte à un moment de notre vie - ou on le vivra - peu importe notre âge et notre origine sociale.
L'auteur reprend des histoires de personnes ayant vécue une forme de honte quelle qu'elle soit. 

J'ai adoré lire ce livre! J'aime ce genre d'ouvrage. Je n'accroche pas toujours, j'avoue. Il est compliqué de l'avaler d'une seule traite, me concernant. Mais j'aime prendre le temps de livre ce genre d'ouvrage :
1/ parce qu'il est très bien écrit, très détaillé et très explicite ;
2/ j'aime prendre le temps de bien analyser, de comprendre et vivre ce que je lis. C'est étonnant comme d'un coup j'ai pu passer du statut d'écoutant à celui d'écouté/aidant-aidé. On prend soudainement conscience de l'impact de la honte sur nous-même ainsi que la gêne que cela occasionne. La honte est source de violence. Le regard des autres est insoutenable.
3/ aussi parce qu'il nous montre les différentes formes de honte. L'auteur essaie d'apporter des réponses aux histoires des sujets.

À ceux qui ont subis ou subissent une forme de honte ou ceux qui ne connaisse pas ce ressentit, je vous recommande quoi qu'il en soit de lire ce livre. Il aide à comprendre certaines choses pas toujours facile à comprendre, mais il ne résous rien. Attention! Si vous êtes trop sensible, réfléchissez...
Il y a des passages qui peuvent être difficile, certes, mais se sont des histoires vrais, ça existe c'est réel et il ne faut pas l'ignorer. Ils ne sont pas si nombreux (les passages difficiles) mais ils peuvent être vécus comme violent tout de même aux yeux de certains. D'autres passages peuvent vous permettre de vous identifier à travers les sujets. Ça peut vous rappeler au passage qui vous êtes et d'où vous venez, choses qu'il ne faut en aucun cas oublier !

NOTE :

♥ Bonne lecture et des bisous ! ♥
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